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Les croyances

” Comme les sardines, elles évoluent en banc. Je précise qu’il n’est absolument pas question ici de croyances religieuses ou spirituelles mais bien des certitudes ou convictions que nous entretenons à notre sujet, au sujet des autres ou de la vie dans son ensemble.

” Le Petit Manuel du Bien-Souffrir… en attendant le bien-être”.

Quel bestiaire notre monde intérieur ! Il est peuplé d’un grand nombre de croyances. Notre zoo personnel en héberge des douces et joyeuses comme le petit panda qui s’accroche à la fourrure de sa maman quand d’autres ont la toxicité du venin de la Veuve noire.

Et forcément avec des telles pensées (bonnes, mauvaises, effrayantes ou réjouissantes), nos émotions et les comportements qui en découlent, varient. Persuadé d’être quelqu’un d’ ‘incapable“, Paul aura une vie différente de Pierre convaincu que “dans la vie, “il n’y a pas de problèmes mais que des solutions“.

Les préférées

“On ne peut faire confiance à personne”

“Les femmes aiment les hommes riches”

“C’était mieux avant”

“L’argent, c’est sale” ou “essentiel au bonheur”

“La vie est dure”

Les français cuisinent bien

“C’est rassurant de savoir que

je suis belle en noir”

“Je ne suis pas capable”

“Je suis mieux que les autres”

“Je ne vaux rien”

“Je n’ai pas ma place”

“Je ne suis pas intéressant (e)”

“Je n’ai pas de chance”

“Je n’y arrriverai jamais”

Ce ne sont ni des vérités ni des mensonges. Il existe en effet des personnes dont il faut se méfier mais il est faux d’affirmer que l’on ne peut “faire confiance à personne”. On peut être en difficulté à un moment donné de sa vie (une période de chômage, une rupture), ne pas avoir une compétence particulière (changer une roue, parler le chinois) ou la réponse à une question (“Dis maman, comment elle fait la terre pour flotter dans la galaxie ?”), cela ne fait pas de nous des “idiots” ou des “incapables”.

Nos croyances regroupent des affirmations, des postulats  “Je ne suis pas quelqu’un de bien“, des préjugés “Faut se méfier des étrangers“, des généralités ou pseudo vérités “Les enfants aiment le sucre“, des maximes sympathiques “Après la pluie, le beau temps” ou cruelles “Qui aime bien, châtie bien“. Celles qui concernent le monde en général sont des croyances populaires, d’autres appartiennent à des groupes plus spécifiques culturels, religieux, familiaux “le devoir d’une femme est de s’occuper de sa maison“.

Elles parlent de nos histoires personnelles liées à des expériences de vie “je suis incapable d’aimer” (après un abandon) ou “sans lui, je n’existe plus“, “quand quelque chose de bien m’arrive, il se passe toujours quelque chose de mal après”, “je ne fais pas confiance aux médecins” etc.

 

Des bénéfices à les cultiver ?

A la lecture de certaines d’entre elles, il est étonnant d’y voir un bénéfice. Comment imaginer que se persuader soi-même d’être “transparent (e)” peut avoir un quelconque avantage !

Regardons de plus près.

Aussi terrifiantes et injustes soient-elles, nos croyances ont été parfois des protections. Par exemple, en étant un enfant “incapable” et “malheureux”, Fred s’assurait l’attention d’une mère qui ne rêvait que de quitter la maison. Plus il était “incapable” et “malheureux” et plus sa mère repoussait son départ. Nathalie, elle, en jouant la belle idiote s’assurait de ne pas déchaîner un père violent qui ne tolérait pas d’être contredit.

Certaines favorisent l’appartenance à un groupe, au départ nos parents, notre famille, notre culture, notre clan, notre “bande”. En adhérant pleinement, en “pensant comme tout le monde” l’enfant, le membre de la communauté se voit protégé de l’exclusion, du rejet, de la différence.

Mises à mal par des expériences contradictoires, il arrive qu’elles s’évanouissent définitivement pour laisser place à toutes les ressources. Ainsi à l’adolescence, un enfant qui se croyait ou était réellement traité comme un vilain petit canard devient un magnifique cygne. En progressant dans ses études, un jeune s’ouvrira à de nouvelles idées s’enrichissant d’expériences auxquelles il n’a pas forcément accès dans son milieu d’origine. Dans ces deux cas, l’adulte ne sera pas entravé par des croyances limitantes. C’est enfin le but des thérapies que de mettre à mal, à tout âge, des croyances qui restreignent et limitent des choix de vie.

Mais si tel n’est pas le cas, si aucune expérimentation contraire n’est menée, ces croyances restent bel et bien vivantes ne manquant pas de s’activer à la faveur d’un stress ou tout simplement dans notre quotidien. Imaginons que nous ressentions une légère appréhension à se retrouver exposé au regard d’un supérieur hiérarchique, des clients d’une terrasse de café ou confronté à une réflexion anodine. Ce malaise nous semblera insignifiant, coutumier, nous n’en tiendrons pas compte. Or si nous prenons le temps de l’analyser, il est possible qu’il raconte l’histoire douloureuse d’un petit garçon chétif ou d’une petite fille timide humiliés par des frères et soeurs, un père, des camarades de classe, un prof.

Et aujourd'hui ?

“Débarrassez vous en !” lit-on ici et là. Facile à dire et pas si simple et ce, pour une bonne raison : on ne se débarrasse aussi d’une protection, d’une défense ou d’une certitude. Encore faut-il savoir par quoi les remplacer pour générer des bénéfices secondaires aussi profitables que :

  • rester dans un rôle de Victime et ses nombreux avantages : être plaints, cajolés, protégés, encouragés.

  Paul : “Je suis moche”. Ses amies : “Mais non, t’es super mignon !!!!!”

Véronique : “alors moi, l’informatique, j’y comprends rien”. Son mari “Bon, ok, donne-moi ça, je vais m’en occuper”.

  • maintenir en place un monde dont on connait les codes, les modes d’emploi.

Marie qui se trouve “nulle” reste dans des emplois de second ordre, se rassure “de toutes façons, je ne suis pas à la hauteur“.

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