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Je rate ma vie sentimentale

« Longtemps j’ai pensé que c’était pas de ma faute. Les « hommes sont des bons à rien ». Voilà ce que m’ont appris ma mère et ma grand-mère. Il faut dire qu’elles avaient des maris sur qui on ne pouvait pas franchement compter. Le grand père travaillait à l’usine, il rentrait saoul tous les soirs, enfin quand il rentrait ! Mon père, passé la trentaine, s’est mis à faire la même chose. J’ai dû commencer à aller le chercher au bistrot en face, je devais avoir pas loin de 5 ans jusqu’à ce je quitte la maison à 18 ans. Ma mère aurait pu en choisir un qui ne buvait pas mais elle dit que dans son patelin, là-bas, ils buvaient tous.  Moi dans tout ça, j’ai jamais pu supporter l’alcool. Etudiante, quand je sortais si je voyais un garçon qui me plaisait, boire, c’était rédhibitoire, je ne le fréquentais plus. J’ai un faible pour les intellos, brillants, du genre qui se prennent la tête sur le sens de la vie, le pourquoi du comment, avec un point commun, un leitmotiv quand il s’agit de notre relation : ils ne savent pas s’ils veulent s’engager. Côté positif, ils ne boivent pas, ont de beaux métiers et gagnent de l’argent. A ma 4ème rupture, je me suis quand même posé des questions !  Ils ne sont pas comme mon père, « saoul sans le sou » mais pas plus fiables, je ne peux pas compter eux, pas de vie stable, pas d’enfants, pas de bien en commun. Pour finir, la mère et la grand-mère avaient raison : des « bons à rien » ! J’ai commencé une thérapie pour conclure que c’est confortable d’être la pauvre victime, loyal aussi, comme toute la lignée des femmes de ma famille.”

S., 39 ans.

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